
Si vous avez raté l'exposition "Artillery for pleasure" de Keith Part2ism à la galerie The Art Lounge de Londres du 06 au 16 mars dernier, vous n'avez cependant pu passer à travers l'avalanche de photos de ses travaux qui est apparue sur le net à cette occasion. C'est dire à quel point cette exposition a été l'occasion pour l'artiste anglais de faire connaître son travail à un très large public et d'en dévoiler une nouvelle facette.
Activiste depuis le milieu des années 80 (à l'époque il officiait sous le nom de Part2), Part2ism s'était notamment fait connaître pour ses graffs et autres volumes en carton coupé témoignant d'une recherche formelle portant sur les formes géométriques et sur notre perception de la réalité au travers de ces formes arbitrairement déconstruites. Par ailleurs, il n'était pas non plus inconnu du milieu musical puisqu'il a longtemps été un des producteurs attitrés des artistes signés par le label Ninja Tunes.

Les nouvelles pièces qu'il vient d'exposer à la galerie The Art Lounge ont cependant permis de découvrir une autre dimension de son travail à travers une série d'oeuvres au modèle et à la thématique commune intitulée "Tamara". Soit des toiles réalisées à la bombe de peinture automobile figurant une femme dénudée affublée d'un masque à gaz recouvrant entièrement son visage. L'érotisme inhérent au traitement très réaliste du sujet et aux postures lascives façon pin-up adoptées par le modèle s'y voit confronter, via l'omniprésent masque à gaz, au monde de la guerre et à l'esthétique militaire.
On pense certes aux jeux érotiques sado-masochistes et fétichistes. On ne peut par ailleurs faire l'économie d'une réflexion sur l'aliénation actuelle de la femme à travers la planète : voilée ou violée, en tous les cas presque toujours objet de désir et de haine dépossédé de son corps... La violence des travaux de la série "Tamara" (violence des couleurs utilisées comme fond, violence du contraste entre le corps dénudé et le visage totalement masqué, entre la chaire et le cuir, violence aussi de la rencontre entre la féminité et le monde réputé viril de la guerre) nous y enjoint plus qu'elle ne nous y invite.
On pense certes aux jeux érotiques sado-masochistes et fétichistes. On ne peut par ailleurs faire l'économie d'une réflexion sur l'aliénation actuelle de la femme à travers la planète : voilée ou violée, en tous les cas presque toujours objet de désir et de haine dépossédé de son corps... La violence des travaux de la série "Tamara" (violence des couleurs utilisées comme fond, violence du contraste entre le corps dénudé et le visage totalement masqué, entre la chaire et le cuir, violence aussi de la rencontre entre la féminité et le monde réputé viril de la guerre) nous y enjoint plus qu'elle ne nous y invite.

D'abord apparue dans les rues de Londres sous forme de fresques murales, cette série s'est naturellement poursuivie sur toiles à l'occasion de l'exposition "Artillery for pleasure". Pour cet artiste rejetant les étiquettes de street artiste et de graffeur au profit de celle d'artiste renégat ("fine art renegade"), exprimant ainsi son refus d'une conception uniquement contextuelle du street art, c'est là une prolongation toute naturelle de sa démarche.
A l'occasion de cette exposition, un catalogue des oeuvres de Part2ism reprenant les travaux de la série "Tamara" a été édité : "Artillery for pleasure. The Manual". Imprimé à un nombre très limité d'exemplaires (250 copies seulement), celui-ci est encore disponible sur le site d'UrbanAngel.





































